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VENDRE AU QUÉBEC

Une approche pratique pour facililter l’application des règles de francisation dans les sociétés multinationales

Par: Fred Braman et Marie-Gabrielle Desaunettes

publié en anglais par le Montreal Business Magazine,
juillet 1999

  

Alors que le marché nord-américain devient de plus en plus intégré, les points de friction pour les sociétés multinationales qui vendent au Québec sont les règles de francisation du milieu de travail et les règles relatives à l'étiquetage et à la publicité des produits en langue française.

Dans un cas comme dans l'autre, certains principes de base semblent parfois entrer en contradiction. On constate, par exemple, une contradiction entre la tendance de déréglementation du monde des affaires et les exigences linguistiques du Québec. Le public demande des prix plus bas et un accès plus facile, mais des règlements stricts peuvent faire grimper les prix et réduire l'éventail des choix.

Contrairement à leur réputation de bureaucrates ennuyeux (ou pire, de " policiers de la langue") à les autorités québécoises ont fait preuve dans les faits d'une remarquable souplesse dans leurs rapports avec les sociétés multinationales, souplesse qui a permis de réduire ou même de prévenir les conflits éventuels dans ces domaines.

La langue du travail : de prime abord, toute entreprise devrait pouvoir fonctionner en français au Québec. Toutefois, les succursales de multinationales doivent souvent traiter avec leur siège social ou d'autres centres spécialisés en marketing, en conception, en production, en protection des marques de commerce, en crédits, etc. L'efficacité et le caractère distinctif de ces entreprises reposent en grande partie sur leur intégration et leur approche uniforme face à une grande variété de questions.

On peut trouver une certaine lourdeur aux règles qui exigent la francisation des ordinateurs (tant celle des logiciels que des claviers), des imprimantes, des photocopieurs, des téléphones, du courrier électronique, des notes de service et de toutes les communications avec les fournisseurs, clients et distributeurs. Effectivement, l'exigence même d'un programme de "francisation" peut sembler tout à fait étrangère à la culture du monde des affaires "intégré" de l'Amérique du Nord.

Les règles de francisation requièrent un processus très exigeant qui peut être coûteux et fastidieux. On exige notamment la création de comités (comprenant des membres plus par les employés) pour chaque entreprise comptant plus de 100 employés, des rapports détaillés produits dans des délais fixes, des cours de français pour les non-francophones et des agences de traduction pour améliorer la qualité du français utilisé.

L'OLF peut toutefois faire preuve de compréhension et reconnaître les facteurs permettant aux multinationales de maintenir leur intégration interne sans renier leurs responsabilités sociales.

Les multinationales devraient aussi analyser leurs structures pour déterminer si la création de filiales plus petites (devant répondre à des exigences de francisation différentes) pourrait mieux satisfaire aux besoins de l'entreprise.

L'étiquetage au Québec : depuis le 1er janvier 1998, les règles québécoises ont été resserrées pour dissiper toute ambiguité quant aux responsabilités respectives des fabricants et détaillants à l'égard de l'étiquetage en français.

Il existe des mesures importantes pour permettre aux entreprises multinationales de relever efficacement le défi. L'une d'elles touche les marques de commerce fédérales, qui permettent l'utilisation au Québec d'un nom de marque national (ou mondial) sans modifier ni diluer son apparence, son style ou son efficacité.

Les autorités peuvent aussi accorder un certain délai à l'entreprise pour faire le changement si celle-ci montre qu'elle a établi un plan d'action raisonnable en cette matière. L'OLF a accepté des périodes de transition de deux ans dans le secteur des textiles, mais il demeure important de démontrer la manière dont le changement est géré.

Cours de français : il n'est jamais tout à fait facile de donner des cours de français dans une entreprise multinationale, mais il importe de comprendre quelles sont les exigences réelles et comment la transition peut être gérée.

Ce n'est pas d'hier que les entreprises doivent apprendre à s'adapter au marché. Dans la plupart des cas, les gagnants sont ceux qui apprennent sur le tas.